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Urgence grand froid 2010 à Vladimir

Youri a 50 ans, il est à la rue depuis cinq ans. Originaire de Moscou, il est venu s’installer dans la région de Vladimir pour travailler. Malheureusement en 2005, sa maison a brûlé. N’ayant pas trouvé à se reloger, il vit dans une petite baraque sur le chantier où il travaille. L’hiver dernier en janvier, la température est descendue jusqu’à – 30. Il a perdu les doigts de ses mains et subi une amputation partielle des pieds suite à des engelures.

Ivan a 27 ans. Il est né, a grandi et a appris son métier de plombier-soudeur à Vladimir. Il s’est retrouvé à la rue à la suite d’embrouilles immobilières avec sa famille. En décembre 2009, il vivait dans la rue. A cause du froid vif, mal vêtu, mal chaussé un pied d’Ivan a gelé et il a perdu une partie d’une jambe. Chaque année, des personnes qui dorment dehors sont amputées d'un ou plusieurs membres. Pour toute la région, il n'existe qu'un foyer de cinquante places.

En décembre 2009, vingt et une personnes sont mortes de froid à Vladimir. Selon les mêmes sources, pour la période 2006 – 2008, quatorze personnes étaient décédées. Une telle mortalité cette année s'explique par les froids très rigoureux qui ont commencé début décembre et perdurent encore aujourd’hui (température moyenne de –20 à –25).

L’association d’Aide sociale aux sans-abri lance un appel à l’aide exceptionnel pour permettre aux personnes sans abri de Vladimir et sa région de dormir au chaud cet hiver. Un local a été trouvé pouvant héberger chaque nuit cinquante personnes Une première aide de 5 000 € a été débloquée en urgence par l’ACER–RUSSIE mais c’est insuffisant pour faire face à cette situation dramatique. Tous les jours de 20 heures à 8 heures du matin, les sans-abri sont accueillis dans ce local chauffé par un travailleur social et une infirmière. Ils y reçoivent une soupe, un verre de thé et une première assistance médicale.
Ce local situé près du centre d’hébergement de la ville permet aux sans-abri de se laver et de s'habiller avec des vêtements propres. Le matin, ils peuvent y recevoir un petit déjeuner chaud, mais également entreprendre les démarches administratives nécessaires en vue de leur réinsertion sociale.



Urgence grand froid 2010
Pour les soutenir


La neige recouvre Kondopoga en Carélie, les températures descendent jusqu’à -25 degrés, la pénombre de l’hiver ne laisse que peu de place à la lumière. Pour les enfants des rues,les personnes sans abri ou sans travail, le froid et la faim deviennent des préoccupations constantes dans leur lutte quotidienne pour survivre. Depuis la crise, dans cette ville,la situation s’est dramatiquement aggravée.

La Carélie a bâti son économie sur le bois. Les villes et les villages se sont construits au cœur des forêts, les routes ne sont que des voies forestières et la terre marécageuse est impropre à l’agriculture. Maintenant que tout le bois a été coupé, il ne reste rien, ni industrie de reconversion, ni agriculture, ni commerce. Le chômage de masse et son cortège de drames touchent des régions entières. La situation est si grave que des retraités font vivre toute leur famille sur leurs misérables allocations !

Dans ce climat de désespoir,la paroisse de Kondopoga apparaît comme un havre de paix et de réconfort. Depuis des années, le père Lev se bat contre l’adversité pour sauver des enfants de la rue,donner un peu de chaleur aux sans-abri,sauver du désespoir ceux qui n’attendent plus rien.

Chaque jour, la maison paroissiale ouvre ses portes, les paroissiens collectent des vêtements chauds, s’affairent derrière les fourneaux et autour des tables de la cuisine. Les samedis et dimanches, plus de soixante-dix personnes se pressent dans la cour de l’église, beaucoup d’enfants, des femmes, des hommes brisés par l’alcool et la misère.

Le père Lev nous confie :

« Deux adolescents de 15 et 17 ans sont venus ce matin demander du travail, un logement. Nous leur avons servi un repas chaud, donné des vêtements. Mais que faire de plus ? L’un s’est enfui de chez son père alcoolique, l’autre a été chassé de la maison par sa mère ! La seule chose en notre pouvoir est de les abriter pour un temps dans un monastère, mais il nous faudrait obtenir l’autorisation des parents, ils sont mineurs ! Les repas sont distribués tout l’hiver. Au départ, nous les servions aux enfants pendant les vacances scolaires quand les cantines des écoles étaient fermées. Mais "Maintenant, c’est pour tout le monde et surtout en ce moment où il fait si froid. Mais c’est dur car nous ne sommes pas suffisamment équipés, nous manquons de casseroles et de matériel de cuisine, d’argent pour la nourriture. L’hiver est long en Russie, mais nous ne pouvons pas abandonner tous ces gens à leur sort ! Merci aux donateurs de l’ACER-RUSSIE pour leur soutien sans faille. Que la paix de Dieu les accompagne ! »


APPEL EXCEPTIONNEL !

Nous lançons un appel exceptionnel pour soutenir, à Kondopoga et à Vladimir, deux initiatives en difficulté, débordées par une situation sans précédent.
En étant à leurs côtés, nous leur donnons les moyens d’agir. Agir cet hiver en Russie, c’est sauver des vies !


TOUS ENSEMBLE, AGISSONS !




Bulletin 133