LA BALLADE DES ENFANTS MALHEUREUX

En Russie, le nombre d’orphelins placés et rendus aux maisons d’enfants est en augmentation. L’Etat renforce ses exigences envers les familles d’accueil.



Le programme de placement des enfants qui se retrouvent sans soutien parental se poursuit en Russie depuis quelques années déjà. En 2007, 130 498 enfants ont été placés dans une famille d’accueil, 2 565 enfants sont retournés dans leur famille d’origine après restauration des droits parentaux de leurs parents. Les citoyens russes ont adopté au cours de l’année passée 9 537 enfants, les parents adoptifs étrangers : 4 536 enfants. Ce chiffre est lié à l’octroi d’une aide matérielle aux familles d’accueil et aux parents accueillant un enfant.Dans la région de Belgorod par exemple, l’administration alloue des logements à ceux qui en ont besoin. Les autorités de la région de Moscou versent aux familles d’accueil une aide financière mensuelle, même si la famille déménage dans une autre région. Dans la région de Penzen, une allocation exceptionnelle de 300 000 roubles est versée.

Toutes ces mesures incitatives ont permis en 2008 de fermer près de 100 orphelinats et 56 autres devraient faire de même avant la fin de l’année. Pourtant, malgré tous les efforts des autorités, le nombre d’enfants rendus par les familles d’accueil aux institutions est en augmentation. Au 1er août, 2 279 enfants avaient été rendus aux maisons d’enfants, de plus 1 557 l’ont été sur l’initiative des familles d’accueil. Heureusement, comme l’affirme l’expert international Galina Semia, 60% de ces enfants retrouvent une autre famille d’accueil.
Source : Outro.ru 09/10/08


LA NOUVELLE LOI

En avril 2008, la Russie a adopté une nouvelle loi : « Tutelle et curatelle. ». Elle est entrée en vigueur en septembre. Lors de son élaboration et des débats qui ont suivi, de vives discussions ont eu lieu sur les rôles respectifs de l’Etat, de la famille et des acteurs professionnels dans le placement familial des enfants retirés à leurs parents.

La loi a renforcé les fonctions de contrôle mais a mentionné de façon très imprécise le rôle de soutien de l’Etat ainsi que celui des professionnels dans ce domaine.

En particulier, tout en renforçant les pouvoirs de l’administration sur les institutions et les associations qui gèrent les services de tutelle et de curatelle, la loi ne donne aucune précision sur des éléments aussi importants que le placement familial, l’accompagnement des familles d’accueil et des familles en situation difficile.

L’Etat et la société russe doivent se poser la question de la nécessité d’une professionnalisation sérieuse dans le domaine du placement familial et du traitement de l’abandon de l’enfant.

Dans ces conditions, un dialogue ouvert entre les représentants des familles d’accueil, de l’Etat et des professionnels (travailleurs sociaux, psychologues et autres experts du placement familial) revêt une importance particulière.

Vladislav Nikitine, directeur dr foyer Dom miloserdie


L’ACER-RUSSIE et le foyer pour enfants Dom Miloserdie organise à Saint-Pétersbourg, avec le soutien de l’Ambassade de France, un troisième séminaire de travail consacré au placement familial. Ce séminaire se déroulera dans les locaux de Dom miloserdie les 5, 6 et 7 novembre 2008.

Les thèmes abordés

Quel accompagnement professionnel l’Etat peut-il apporter dans le placement professionnel ?
Quel accompagnement pour la famille d’accueil ? Comment le mettre en place ?
Comment les représentants de l’Etat et les acteurs professionnels peuvent-ils agir dans le respect des droits de la famille dans les domaines de la prévention de l’abandon et du placement familial ?

Ce séminaire vise à promouvoir le dialogue entre les professionnels de l’abandon des enfants et du placement familial, les représentants russes des familles d’accueil et les représentants du pouvoir avec le concours d’experts occidentaux. L’objectif est de développer la professionnalisation du placement familial dans le respect des droits de la personne et de la famille pour en faire une véritable alternative aux institutions et non pas un pis-aller.




Photos : Dom Miloserdie
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