La ville de Saint-Pétersbourg s’est beaucoup transformée en presque vingt ans.
Les bénévoles de la fraternité Saint-Ioassaff viennent au secours des enfants de l’hôpital n°3 de la ville depuis 1990.
C’était l’époque où tout s’écroulait et l’hôpital a failli être emporté dans la tourmente de la perestroïka. Puis le
business et le capital ont lancé leurs offensives aux méthodes barbares et l’hôpital a failli se transformer en centre
d’affaires. Ce sont les enfants tuberculeux qui l’ont « sauvé » de justesse, ils étaient vraiment trop nombreux et on ne
savait pas où les caser.
Les autorités municipales construisent des tours pendant que derrière les façades coule la vie intérieure de la ville,
pleine de soucis, dramatique et parfois tragique.
La vie semble s’améliorer à Saint-Pétersbourg et devenir plus facile, le nombre d’enfants tuberculeux lui ne baisse pas.
Les deux services spécialisés de l’hôpital pédiatrique sont pleins à craquer. Ils sont un peu différents ces enfants malades
: Plus de la moitié d’entre eux sont de petits orphelins arrivés des maisons d’enfants. Leurs jeunes parents ont été
touchés par les vagues de l’épidémie et n’ont pu guérir, à leur tour leurs enfants furent touchés par la forme la plus
résistante de la terrible maladie. Les parents vivent souvent une vie difficile, en marge de la société et meurent vite,
leurs enfants sont placés en orphelinat. Leur route les conduit ensuite à l’hôpital pour une durée indéterminée.
Il n’y a que trois éducateurs pour les 80 enfants du service de tuberculose et ils ne travaillent pas les week-end et les
jours fériés. Ils n’ont même pas les moyens d’encadrer les enfants, pour les connaître, sentir leurs besoins, il n’ont
simplement plus la force.
Les bénévoles de Saint-Ioassaff ont donc pris la relève pour entourer ces enfants et donner à chacun l’amour et l’attention dont ils manquent tant.
Ils leurs apportent une aide matérielle et psychologique. Ils viennent dans le service, organisent des jeux, des cours de
musique, de gymnastique corrective, ils se promènent, s’amusent avec les petits malades et essaient de leur faire oublier
leurs peurs et leurs petits malheurs d’enfants.
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